Zoé Valdés – l’ange bleu

« L’ange bleu est le film de ma vie parce qu’il est interprété par la femme de ma vie, l’actrice de mes rêves, mon modèle de femme. »

Cette déclaration d’amour émane de Zoé Valdés, qui dédie son parcours d’écrivaine à l’une des plus célèbres actrices des années trente, Marlène Dietrich. Dans ce petit essai de 88 pages, l’auteure a repris certains de ses écrits commencés il y a plus de douze ans lors d’une visite à Berlin, et c’est un pur plaisir de la suivre dans les méandres de sa vie d’exilée politique.

En 1995, suite à la parution de son livre « le néant du quotidien », dans lequel elle dénonce le régime castriste, Zoé Valdés est obligée de fuir son pays. Depuis, elle vit à Paris.

Née dans un quartier très pauvre de la Havane, elle découvre le film de Josef Von Sternberg – l’ange bleu – en regardant par les fenêtres de ses compatriotes, qui ont la chance, eux, d’avoir la télévision. Par passages successifs, elle va s’approprier le film et le rôle de Marlène Dietrich, pour laquelle elle vouera une admiration sans limite. Sa vie durant, elle décryptera le comportement humain à travers le prisme de l’ange bleu.

Ce livre touchant est le fil rouge de la vie d’une femme, qui prend le temps de réaliser que sa vie d’écrivaine n’aurait pas été la même si Marlene Dietrich et l’ange bleu n’avaient pas croisé sa route.

Au travers de ses souvenirs d’enfance, elle nous rappelle, parfois avec humour, les aberrations des lois imposées par Castro, comme l’interdiction de posséder un arbre de Noël.

Une façon de rappeler que le régime castriste a volé la jeunesse de plusieurs générations de cubains, mais qu’en ce qui la concerne, l’ange bleu lui a redonné un peu de lumière. Une lumière dont on reste toujours privé lorsqu’on devient une réfugiée politique.

Zoé Valdés – l’ange bleu – 88 pages – Editions Hermann 2012

Vous Aimez Cet Article ?

RSS Digg Twitter StumbleUpon Delicious Technorati

Un commentaire

Trackbacks et Pingbacks

Commenter


Nom (required)

Mail (ne sera pas publi) (required)

Site

Commentaire